«Dans combien de temps Gérard Worms va-t-il quitter la présidence du
groupe Suez?» La question courait hier dans les couloirs des grands groupes financiers français tandis que la tentative de rapprochement entre la Lyonnaise des eaux et le groupe Suez prenait une nouvelle tournure. On parlait du remplacement à la tête de Suez de Gérard Worms par Jérôme Monod, président de la Lyonnaise, suivi d'une offre publique d'échange (OPE) de la Compagnie sur la Lyonnaise des eaux, le nouvel ensemble apportant, moyennant participations, ses activités bancaires à la BNP, son secteur immobilier et l'assurance étant repris par l'UAP.
Cette OPE serait la réponse au projet de Très Grande Fusion (TGF) entre l'UAP, la BNP et Suez, proposé par Michel Pébereau, le patron de la BNP et par Jacques Friedmann, celui de l'UAP. La querelle sur le fonds entre les présidents de l'UAP et de Suez, avait éclaté à l'occasion de l'assemblée générale de Suez où Jacques Friedmann avait pris le micro pour désavouer publiquement la stratégie de Gérard Worms.
Celui-ci, en réponse, avait alors décidé d'abattre ses dernières cartes et concocté à la hâte un rapprochement entre Suez et la Lyonnaise des eaux. Cette dernière était très tentée par ce rapprochement, craignant par-dessus tout d'être gobée à l'occasion de la TGF.
Jérôme Monod, le patron de la Lyonnaise, avait alors décidé de consulter un comité de sages. Ce comité, composé de quatre administrateurs de la Lyonnaise (Jean Gandois, Claude Pierre-Brossolette, Jean




