Gérard Worms n'a plus que vingt-trois jours pour prendre ses cliques
et ses claques. Les crocodiles n'en veulent plus. Il l'ont fait savoir ouvertement lors d'un conseil d'administration tenu hier à la compagnie de Suez. Les accouchements du président de Suez ont toujours lieu dans la douleur. Quand Gérard Worms avait pris la tête de la compagnie en 1990, c'était contre l'avis du président en place, Renaud de La Genière, qui, sur son lit de mort, avait désigné un autre membre de la maison pour lui succéder, Antoine Jeancourt-Galignani (aujourd'hui patron des AGF). Un incroyable ballet d'administrateurs avait suivi la mort du gouverneur, et c'est dans des circonstances tragiques que Gérard Worms accédait à la première marche.
Le voilà maintenant déchu, à l'issue d'un complot qui aura duré pas moins de six mois, ourdi dans le plus grand secret, avec le soutien d'un outsider de Suez: Michel Pébereau, patron de la BNP, qui n'a pas même la qualité d'administrateur de Suez.
Le président de la banque privatisée tire, en effet, beaucoup de ficelles dans les coulisses depuis janvier. Il a commencé par acheter en Bourse 5% du capital de Suez, affirmant qu'il s'agissait d'un «placement financier». Le doux mensonge n'a trompé personne, surtout pas Gérard Worms, qui, pour un empire, ne lui aurait pas laissé une petite place au conseil de Suez. Sans se démonter, Pébereau a ensuite tenté un rapprochement entre sa banque, trop étroite pour ses épaules, le groupe d'assurances UAP et le conglom




