Tokyo, correspondance
Chômage (3,1%) en hausse, production industrielle qui flanche (-0,5% en mai), faillites croissantes (+5,5% au premier semestre)... Un à un, les indicateurs de la machine économique japonaise sont passés de l'orange au rouge vif. Sur le tableau de bord de la deuxième économie mondiale, à part la Bourse qui a repris quelques couleurs, il n'y en a plus beaucoup d'encourageants. De quoi provoquer des cauchemars jusqu'aux Etats-Unis, où l'on sait bien que si l'économie nippone retombe franchement dans la récession, les conséquences seront néfastes pour tout le système mondial.
Vendredi, le ministère du Commerce international et de l'Industrie, le MITI, a encore révisé à la baisse le recul de la production industrielle du Japon en mai, à -0,5%, contre une estimation provisoire de -0,3% annoncée fin juin. Cette chute de mauvaise augure survient après celle de -0,9% déjà constatée en avril, et la Banque du Japon s'attend à un recul encore plus marqué en juin et juillet.
Plus alarmant encore: dans son rapport mensuel de juillet considéré comme le principal baromètre de la santé économique du pays, l'agence gouvernementale de planification économique (EPA) a explicitement reconnu que la fragile reprise économique constatée depuis l'automne dernier était maintenant «à l'arrêt», un changement de ton qui tranche avec l'optimisme de rigueur qu'affichait le gouvernement depuis exactement dix mois. Le directeur général (équivalent d'un ministre) de cette même agence, Masa




