A l'approche du cinquantième anniversaire des deux bombes atomiques
américaines qui ont détruit les villes de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, les appels au boycott des produits français se multiplient au Japon pour protester contre la décision de la France de reprendre ses essais nucléaires dans le Pacifique Sud. Simultanément, après s'être incliné devant le cénotaphe érigé à la mémoire des morts devant le musée de la bombe à Hiroshima, le Premier ministre, Tomiichi Murayama est monté au créneau mercredi pour dénoncer «la trahison de la France à l'égard des pays non nucléaires».
Le chef du gouvernement japonais a annoncé que son pays présenterait un projet de résolution sur l'interdiction totale des essais nucléaires à l'Assemblée générale des Nations unies qui se réunit en septembre, date qui coïncide avec la reprise attendue des essais français. Tomiichi Murayama n'a pas prononcé le mot boycott, mais il a déploré que la décision française intervienne juste après la reconduction pour une durée illimitée en mai du Traité de non-prolifération nucléaire auquel adhèrent quelque 150 pays.
Officiellement, le gouvernement japonais observe une grande réserve sur ce dossier. Tokyo s'est contenté d'inviter le président Jacques Chirac à revenir sur sa décision, sans menace de représailles. En privé, les diplomates japonais font d'ailleurs savoir que le même Murayama avait dit à Paris à Jacques Chirac le mois dernier que cette question ne devait pas empêcher les relations fra




