Les banques japonaises, considérées il y a quelques années comme les
plus puissantes du monde, ont essuyé hier un coup de bambou particulièrement sévère, avec la déroute de Cosmo Credit. La première mutuelle bancaire de la place de Tokyo a été prise d'assaut par 6.200 clients, qui ont retiré en quelques heures près de 3,25 milliards de francs, soit 14% des dépôts.
C'est un article publié samedi par le quotidien Mainichi qui a sonné l'alarme, annonçant que Cosmo Credit n'était plus en mesure d'honorer seule ses engagements. La banque a catégoriquement démenti dès dimanche, menaçant de poursuites en diffamation. Mais rien n'y a fait. Au cours du week-end, plusieurs réunions au plus haut niveau, entre le gouvernement, la banque centrale et les dirigeants de Cosmos laissaient présager le pire. Dès lors, tout était prêt pour un lundi noir.
Anticipant un mouvement de panique, la banque avait ouvert dès 7h45, avec plus d'une heure d'avance sur l'horaire normal. Cosmo s'attendait à des retraits de 20 milliards de yen (moins de un milliard de francs). Ce sera finalement trois fois plus. De mémoire de banquier, on n'avait jamais vu cela à Tokyo.
Le ministre des Finances, Masayoshi Takemura, a été contraint d'annoncer très vite que le gouvernement se porterait garant du remboursement des dépôts. En contrepartie, la banque mutualiste a été interdite d'opération nouvelle, et son président, Sampachi Taido, a dû démissionner. La confiance n'a pas été rétablie pour autant. Car sur les 27 millia




