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Interview

«Un soutien du gouvernement est sans doute nécessaire». Un spécialiste des banques japonaises explique qu'il ne croit pas à une contagion de la crise au reste du monde.

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Publié le 23/08/1995 à 7h16

Tokyo, de notre correspondante

Spécialiste du secteur bancaire japonais chez Baring Securities à Tokyo, James Phillip Fiorillo estime que le gouvernement japonais n'a pas d'autre choix que d'aider les banques malades. La rechute de l'économie plonge en effet les établissements de crédit dans une crise extrêmement sérieuse, qui dépasse toutes les prévisions du ministère des Finances. Néanmoins, le risque d'une crise générale du système bancaire japonais se propageant à l'étranger paraît, selon lui, très exagéré.

Pourquoi reparle-t-on d'une crise bancaire au Japon?

On a cru trop tôt que la crise était en voie d'être résolue. Les pouvoirs publics pariaient sur une reprise de l'économie suffisamment forte pour que les comptes des banques s'améliorent «naturellement». Du coup, ils ont attendu trop longtemps ­ cinq ans ­, en se contentant de mesures marginales. Puis l'économie a rechuté: le tremblement de terre de Kobe en janvier, la flambée du yen au printemps, la chute de la Bourse à la même époque, l'augmentation du nombre de faillites, tous ces éléments indiquent que la reprise de l'économie n'est pas pour demain. Résultat, les projecteurs se braquent de nouveau sur le système bancaire. On avait un peu oublié le problème des créances douteuses, l'inquiétude réapparaît d'un seul coup. Souvenez-vous que, l'an dernier, Moody's et Standard and Poor laissaient entendre que les banques japonaises avaient probablement touché le fond. Aujourd'hui, les agences de notation sont de nouveau

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