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Libération
Enquête

Au Japon, Agnès rit et Chantal pleure.

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Agnès B y fait un malheur, Chantal Thomass les collectionne. Explications.

Publié le 19/09/1995 à 8h10, mis à jour le 19/09/1995 à 8h10

Saint Laurent, Vuitton, Chanel... puis Agnès B, Naf Naf, Kookaï ou Chantal Thomass. Boycott antinucléaire ou pas, les Japonaises raffolent de la French touch et détestent la politique. Mais depuis la fin des «années fric» ­ où la bouteille de cognac se négociait plus de 500 francs à Tokyo ­, elles se tournent de plus en plus vers le prêt-à-porter abordable. Bien sûr, les «Hanako», du nom d'un magazine féminin japonais destiné aux actives célibataires d'environ 25 ans, conservent le sac Vuitton acheté dès l'âge de 20 ans pour environ 50.000 yens (plus de 2.500 francs). Mais ces jeunes femmes qui vivent encore chez leurs parents dans l'attente du mariage et engloutissent l'essentiel de leur salaire dans les vêtements se sont précipitées sur un nouveau filon: Agnès B, Naf Naf, Kookaï, Chantal Thomass, Morgan ou Chipie.

La jeune génération se montre beaucoup moins sensible que la précédente aux grandes marques. Pour Pierre Baudry, consultant, le retour de la mode Lolita explique largement le succès du prêt-à-porter. Les marques françaises bénéficient en outre d'un avantage supplémentaire: elles se retrouvent dans le sillage de «leurs grandes soeurs du luxe». De ce point de vue, Agnès B a fait un malheur. «C'est l'esprit français», résume Keiko, une inconditionnelle. Autant dire «shikku», traduction de chic, branché mais sobre. Du sur mesure pour la Japonaise qui affectionne généralement les couleurs sombres et discrètes. Dans le quartier de Harajuku, haut lieu d'exhibitionnisme b

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