Une grande banque internationale peut-elle perdre plus de 1 milliard
de dollars 5 milliards de francs sans s'en apercevoir? Réponse: deux fois oui. Il y eut d'abord, en février dernier, la banque britannique Barings. Il y a maintenant la Daiwa Bank. L'établissement, qui fait partie des dix plus grandes banques japonaises, vient de l'apprendre à ses dépens en découvrant qu'un trader de sa filiale de New York avait accumulé 1,1 milliard de dollars de pertes sur des transactions obligataires depuis dix ans. Comme Nick Leeson, le trader de la Barings qui a causé la faillite du vénérable établissement de la City, Toshihide Iguchi, responsable des opérations sur obligations de Daiwa à New York, avait depuis des années accumulé les opérations perdantes. La catastrophe découverte, les dirigeants de la banque ont dû révéler hier le montant du trou.
Le ministère japonais des Finances a immédiatement tenté de calmer les esprits en soulignant qu'il s'agissait d'un incident «extrêmement regrettable» mais qui ne met nullement en jeu l'avenir de la banque. «Les ressources propres de Daiwa sont largement suffisantes pour couvrir cette perte», a assuré un porte-parole. De son côté, la Bank of Japan (BoJ) a tenu à assurer la Réserve fédérale américaine (Fed) de sa totale coopération au cas où les pertes de Daiwa occasionneraient un problème de liquidités à New York.
Lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte hier à Osaka, où se trouve le siège de la banque, le président de Daiwa, Akir




