Lorsque le ministre français de la Coopération inaugurera
aujourd'hui à Abidjan le forum Investir en Côte-d'Ivoire, joliment abrégé ICI 95, le patronat français sera fin prêt pour le grand rendez-vous de la privatisation. Pas besoin, pour Jacques Godfrain, de «présenter aux investisseurs l'ensemble des outils de la coopération française en faveur du secteur privé», comme le prévoit l'agenda de la réunion qui se poursuivra jusqu'à mercredi. C'est, en effet, une idée soufflée par le patronat français lui-même qui est désormais au centre de la foire aux achats d'entreprises africaines à privatiser. Une version récemment revue et corrigée du Fonds de reconversion de créances. Le 11 septembre, Jacques Chirac avait pris sa plume pour annoncer, aux quatre pays à revenus intermédiaires (PRI) de la zone franc en Afrique (Côte-d'Ivoire, Cameroun, Congo, Gabon), la mise en place d'un mécanisme destiné à transformer une partie de la dette publique bilatérale en investissements. Bien relayé, le geste avait alors été présenté comme un «nouveau dispositif d'aide au développement». Vaste mystification.
Retour au premier voyage de Jacques Chirac sur le continent africain: en quittant le Maroc, le président français avait renvoyé à Paris tous ses argentiers, le ministre des Finances de l'époque, Alain Madelin, de même que Bruno Deletré, ancien chef du bureau Afrique au Trésor. Pendant le reste du périple, en Côte-d'Ivoire, au Gabon et au Sénégal, où furent convoqués une douzaine de chefs d'Etat




