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Main basse sur l'ex-empire Ferruzzi. Mediobanca est sorti vainqueur du polar financier de l'année en Italie.

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Publié le 08/11/1995 à 10h31

Rome,

de notre correspondant Une société coffre-fort aux multiples intérêts stratégiques, des millions d'actions échangés en une semaine, un cavalier qui avance masqué, les assaillants obligés de lancer une OPA, Milan qui s'enfièvre et se prend pour le Wall Street des années 80, et Rome qui s'affole: c'est le polar financier de l'année, celui qui a vu la banque d'affaires Mediobanca réussir en une semaine à prendre de facto le contrôle de Ferfin, le holding financier de ce qui était naguère l'empire Gardini-Ferruzzi.

L'assaut s'est déroulé au mépris des règlements, en ravivant ainsi les polémiques au sujet de la concentration excessive de pouvoir aux mains d'Enrico Cuccia, l'octogénaire président de Mediobanca. Et qui dit Cuccia dit Agnelli, le patron de Fiat. On assiste, du coup, à la naissance d'un réseau d'intérêt, d'un pouvoir qui étend son influence à la quasi-totalité de la finance, de l'industrie, et même de la presse. Un de ces «pouvoirs forts» ­ ou plutôt incontrôlés ­ que certains leaders politiques, inquiets, dénoncent dans leurs discours. Sans, toutefois, oser proposer de remèdes à une situation qui est sans égale dans toutes les autres démocraties à économie de marché.

L'affaire Ferfin naît quand l'empire Ferruzzi meurt, il y a trois ans. Ce conglomérat, où l'on trouve Montedison (chimie), Eridania Béghin-Say (agroalimentaire), des sociétés d'assurances, des journaux, etc., est trop important pour être acculé à la faillite. La famille est obligée de passer la main

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