La dévaluation, en janvier 1994, du franc CFA, la monnaie commune de
14 pays africains, dont la convertibilité est garantie depuis un demi-siècle par le Trésor français, n'a pas déclenché de «dynamique du développement». Au contraire, «le redressement des finances publiques est plus superficiel que réel», le problème de la dette reste entier, il n'y a pas de nouveaux investisseurs, l'intégration régionale est un leurre, le système bancaire continue de se délabrer et les élites africaines sont surtout préoccupées «à rester au pouvoir pour se partager des ressources en diminution». Nulle part, des réformes structurelles n'ont été entreprises et le pays le plus important d'Afrique centrale, le Cameroun, au bord de l'«explosion sociale» menace de quitter la zone franc. Quant au meilleur élève de la dévaluation, la Côte-d'Ivoire, il ne doit ses apparences de réussite qu'au «parti pris favorable des bailleurs de fonds», qui est «consubstantiel d'un aveuglement sur les dérives du pouvoir du président Konan Bédié». Dans ces conditions, «la logique et la prévoyance exigent de préparer, dès à présent, la modification de la zone franc, voire la suppression de celle-ci». En renonçant au «caractère spécieux et essentiellement discursif» de sa politique africaine, la France devrait, au moins, abandonner la parité fixe du franc CFA, sinon procéder au sabordage contrôlé de sa zone monétaire sur le continent...
Voilà l'essentiel de 38 pages d'argumentation serrée qui, quoique frappées du sceau




