Rome,
de notre correspondant Déjà passée par la France, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, la vague des privatisations arrive en Italie. Après les trois banques de l'IRI et l'INA, la compagnie d'assurances publique, c'est au tour des sociétés industrielles de s'ouvrir aux privés. C'est un véritable fleuron qui ouvre le bal aujourd'hui: l'ENI (Ente Nazionale degli Idrocarburi), la huitième compagnie pétrolière mondiale, la quatrième pour les bénéfices dégagés.
Dans un premier temps, entre aujourd'hui et vendredi, 1,2 milliard d'actions, soit 15% de son capital, seront offertes en vente au public. Le président du Conseil, Lamberto Dini, entouré par les ministres du Trésor et de l'Industrie, le PDG de l'ENI, Franco Bernabé, et les partenaires bancaires, l'italienne IMI et le Crédit suisse First Boston, a fixé samedi le prix de vente par action à 5 250 lires (16,15 francs environ), en optant pour la partie basse de la fourchette prévue entre 5 200 et 6 000 lires. Un prix particulièrement alléchant, aussitôt contesté par certains qui ont parlé carrément de «braderie» pour ce qui sera la plus importante privatisation jamais réalisée en Italie.
Avec un chiffre d'affaires de 50 700 milliards de lires et un bénéfice avant impôt de 7 500 milliards, l'ENI réalise une performance plus qu'honorable, en comparaison de celles affichées par ses rivales Total, British Petroleum ou Shell. Le gouvernement préfère en fait renoncer à des recettes immédiates pour «s'assurer du succès de la vente d




