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Pénurie de main-d'oeuvre en Malaisie Les salaires flambent et les entreprises étrangères cherchent à redélocaliser

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Publié le 28/11/1995 à 9h53

A Port Klang, immense zone industrielle au sud de Kuala Lumpur, le

parc de conteneurs s'étend jusqu'à l'horizon. Des boîtes vides. Certains bateaux attendent à quai depuis des semaines.A la sortie de Port Klang, des centaines de camions et autres véhicules utilitaires patientent devant le péage de l'autoroute menant vers la capitale. Sur cinq cabines à péage, deux seulement sont ouvertes. Une affiche indique: «Recherche caissière.» En fait, tout Port Klang tourne au ralenti. Ses quelque 200 usines fonctionnent avec à peine 50 à 75% des effectifs nécessaires. «Comment voulez-vous faire marcher les usines si vous n'avez pas le personnel...», résume, désabusé, un industriel installé à Port Klang.

Tous les secteurs de l'économie malaisienne, des services à la construction en passant par l'agriculture ou l'informatique, connaissent une grave pénurie de main d'oeuvre.A tel point que le ministère de l'Education a décidé de réduire d'un an les cursus universitaires. «Une formation plus rapide devrait aider à lutter contre la pénurie de main d'oeuvre qualifiée», explique, très sérieusement, Najib Razak, ministre malaisien de l'Education. A partir de l'année prochaine, l'étudiant décrochera son diplôme d'ingénieur en trois ans,au lieu de quatre auparavant. Idem pour les maîtrises de commerce ou de gestion. Alors que les universités forment chaque année 5.700 ingénieurs, le marché du travail offre jusqu'à 10.000 places.

Mais le pire reste à venir: l'industrie malaisienne aura besoin de 6

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