Précision
Le titre de la chronique de Jean-Paul Fitoussi publiée lundi, «Il était une fois la politique économique de Chirac» est de la rédaction. L'auteur estime qu'il ne reflète pas le contenu de sa chronique, qu'il avait baptisée initialement «Conte inachevé». Nous le prions de nous excuser.
Il était une fois un royaume, fort riche et très civilisé, qui, ayant perdu confiance en lui-même, décida d'importer de l'étranger le symbole de sa grandeur. Ses élites, politiques, économiques, sociales et intellectuelles, réunies en un grand forum, adoptèrent par acclamation une motion baptisée «motion de l'unique» aux termes de laquelle il n'existait qu'une seule voie possible au retour de la confiance la force de la monnaie et qu'un seul moyen pour y parvenir, maintenir la parité de la devise nationale relativement à celle du royaume voisin, dont tous admiraient les forces de vertu et de civilité.
La motion de l'unique déterminait un objectif unique et un moyen unique de le satisfaire: une politique monétaire durablement restrictive. Les grands argentiers firent d'abord leurs délices de cette politique. C'est que, dans un premier temps, les circonstances étaient favorables à son application: l'inflation faisait rage et, grandeur ou pas, il fallait la combattre. Le prix des denrées commença de ralentir sa course, ce qui montre que parfois vertu est récompensée. Les élites retrouvèrent leur superbe et s'épanchèrent dans les gazettes pour célébrer le culte de l'




