Rome,
de notre correspondant «A 75 ans, même les cardinaux ne votent plus au conclave.» Ainsi, devant le parterre des hauts cadres du groupe venus à Turin du monde entier pour le rendez-vous traditionnel de fin d'année, Gianni Agnelli a annoncé lundi son intention de quitter la présidence de Fiat, sans doute avant le 12 mars 1996, jour de ses 75 ans. Ou au plus tard en juin, au moment de l'assemblée des actionnaires. Se termine ainsi une époque de près de trente ans, pendant laquelle le nom et l'image du principal groupe privé italien ont été étroitement associés à ceux d'un homme, représentant de la dernière dynastie industrielle en activité sur le Vieux Continent.
L'actuel administrateur délégué, Cesare Romiti, 72 ans, lui succède: il aura trois ans pour préparer aux plus hautes responsabilités la nouvelle relève, dont la quatrième génération de la famille, notamment Giovanni Alberto Agnelli, 31 ans, fils d'Umberto et neveu préféré de l'Avvocato, considéré par tous comme l'héritier désigné. «Giovannino» a déjà fait ses classes aux Etats-Unis et à la tête de Piaggio, la société de motos et scooters dont est propriétaire la famille de sa mère.
Gianni Agnelli reste présent chez Fiat en tant que président du holding financier de la famille: actionnaire de référence donc, prêt même à accroître son rôle «si la famille suit» en rachetant sans doute les 2% du capital que le français Alcatel, en pleine restructuration, pourrait envisager de vendre.
Que l'Avvocato passe la main ne co




