Quelque 680 milliards de yens (près de 36 milliards de francs):
c'est le montant exorbitant de la facture présentée hier au contribuable japonais par le gouvernement de Tomiichi Murayama pour liquider les sept sociétés de financement de crédit immobilier japonaises, les jusen. Après de difficiles arbitrages, le gouvernement a arrêté les grandes lignes du plan de liquidation de ces sociétés financières non bancaires, qui prévoit une injection massive de fonds publics.
Le Premier ministre a exprimé l'embarras du gouvernement de devoir ponctionner le budget de l'Etat. Mais cette décision était «nécessaire» pour «rétablir la confiance au Japon et à l'étranger dans le système bancaire nippon», a-t-il expliqué. Il faut dire que les créances irrécupérables de ces établissements s'élèvent à 6 300 milliards de yens, soit un tiers des créances douteuses de l'ensemble du système bancaire.
Techniquement en faillite, ces sociétés mettaient en danger le secteur bancaire et le secteur agricole et mutualiste, leurs principaux bailleurs de fonds. Une menace prise très au sérieux par les pouvoirs publics, qui s'étaient engagés à boucler un plan d'assainissement avant la fin de l'année, malgré les protestations de l'opinion et des milieux politiques sur l'absence d'un débat préalable établissant les responsabilités de ce gouffre financier.
Si ce débat a été soigneusement évité le ministère des Finances a reconnu du bout des lèvres sa responsabilité dans les difficultés des jusen dont il a favor




