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Les tentations conservatrices de Pekin. Les zones économiques spéciales seraient dans le collimateur du pouvoir. La lutte contre les «ennemis économiques»

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Publié le 26/12/1995 à 10h58

Le front plein d'assurance, un regard d'aigle et un sourire

volontiers sarcastique, Hu Angang affiche sans complexe sa fierté d'être l'un des conseillers les plus influents des dirigeants chinois. Ses «conseils» sont pourtant loin d'être orthodoxes. Partisan d'un «reprise en main» autoritaire de l'économie chinoise, Hu Angang s'érige en pourfendeur téméraire de l'un des tenants des réformes économiques de Deng Xiaoping, le numéro 1 chinois. Il préconise la suppression pure et simple des zones économiques spéciales (ZES). Le «chaos social» se profile, affirme-t-il, derrière les écarts de niveaux de vie qui se creusent entre les zones riches et les plus pauvres à l'intérieur des frontières. L'un de ces symptômes, l'exode rural, qui se traduit par la présence d'une population flottante d'une centaine de millions de personnes venues chercher du travail dans les villes, constitue un «danger». «Il faut absolument, dit-il, contrôler le phénomène.» La suppression des ZES, reconnaît-il, sera «extrêmement difficile à imposer tant les intérêts acquis sont énormes». Mais il a en cela le soutien des provinces pauvres et de la frange néoconservatrice du régime. Cette position radicale lui a valu les sarcasmes du maire de Shenzhen, la plus célèbre des ZES, située aux portes de Hong-kong, et l'accusation d'être antiréformiste. «Les ZES sont techniquement illégales, réplique-t-il avec ironie, puisque celles-ci ont été créées non par un vote du Parlement mais par une directive.»

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