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Libération

De l'intérêt conjoint du prédateur et de sa proie

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Publié le 29/01/1996 à 23h24

Les évolutions économiques furent fort différentes, depuis que les

taux d'intérêt réels ont atteint des niveaux historiquement élevés, c'est-à-dire au début des années 80. Schématiquement, on peut distinguer trois phases. La première, d'assainissement et d'euphorie, correspond à une envolée des cours de la bourse sur fond de croissance lente, du moins en Europe continentale. Le patrimoine et les profits grossissent, alors que les revenus salariaux s'étiolent. Certes les entreprises ne sont pas toutes logées à la même enseigne: celles qui ont accès aux marchés boursiers se financent aisément; les autres, obligées de s'endetter, subissent de plein fouet la contrainte financière. Il n'empêche que le jeu reste à somme positive: ce que gagnent les uns en terme de richesse et de revenus non salariaux compense largement ce que perdent les autres du fait de la baisse relative de la masse salariale et de la croissance du chômage. Evidemment, la redistribution des patrimoines et des revenus est profondément inégalitaire, mais elle dégage malgré tout un surplus net.

La seconde phase débute avec le contre-choc pétrolier, la baisse du dollar, et s'accélère avec le krach boursier de 1987. C'est le retour de la croissance. Les deux premiers événements permettent une augmentation de tous les revenus, alors que le troisième, compte tenu de la réaction des politiques monétaires, laisse espérer une baisse des taux d'intérêt. Le prix des actifs, réels et financiers, reprend sa courbe ascendant

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