Tokyo,
de notre correspondante Il faut imaginer une opération nettoyage dans laquelle on dirait: «Contribuables, vous allez payer les dettes que la mafia ne peut pas rembourser. Il y va de l'intérêt du système bancaire, donc du pays.» C'est à peu près ce qu'entendent les Japonais en découvrant le plan du gouvernement visant à liquider sept énormes sociétés de financement de l'immobilier, les «jusens». En décembre, le gouvernement et les banques avait déjà effacé un passif de 6.000 milliards de yens ou 300 milliards de francs. Les banques avaient pris en charge l'essentiel de la facture mais le contribuable avait déjà mis 35 milliards de francs au pot. Cette fois, les actifs des «jusens» mises en liquidation vont être placés dans une vaste société de cantonnement, une structure comparable au consortium de réalisation du Crédit Lyonnais, à laquelle l'Etat apportera au moins 60 milliards de francs, soit 500 francs par Japonais, et les banques une somme équivalente. L'affaire soulève un tollé dans les médias et dans l'opposition au gouvernement de Ryutaro Hashimoto, en place depuis à peine trois semaines. Pourtant, rien ne doit arrêter l'opération de mise au net de la place financière de Tokyo. Le gouvernement japonais l'a assuré, récemment à Paris, lors du dernier G7. Le risque que les dettes apparues avec la spéculation immobilière frénétique entraîne la faillite d'une grande banque japonaise suivie d'un krach international est désormais considéré comme réel. L'été dernie




