Bill Clinton a, comme prévu, annoncé jeudi son intention de
désigner, pour un nouveau et troisième mandat de quatre ans, Alan Greenspan à la tête de la réserve fédérale américaine (Fed). Cette nomination consacre la relation de confiance établie entre le président démocrate et l'ancien conseiller de plusieurs présidents républicains, de Richard Nixon à Ronald Reagan. Nommé par ce dernier à son poste actuel, Greenspan a été adopté immédiatement par Bill Clinton, qui estime lui devoir l'excellent climat économique qu'ont connu les Etats-Unis au lendemain de son élection.
La confirmation de Greenspan est toutefois accompagnée de la nomination au conseil d'administration de la Fed de deux personnalités, susceptibles de traduire les préoccupations nouvelles de la Maison Blanche: Alice Rivlin, l'actuelle directrice du Budget, nommée au poste de vice-présidente; et Lawrence Meyer, un économiste proche des démocrates. Pour les observateurs, ces deux nouveaux venus (dont la nomination doit encore être confirmée par le Sénat) devraient agir dans le sens d'un assouplissement de la politique monétaire: comme les conseillers du président, ils croient à la possibilité pour l'économie américaine de renouer avec une forte croissance non inflationniste.
Or, à huit mois de l'élection présidentielle, les signes d'un ralentissement économique se multiplient: le PNB américain au dernier trimestre 1995 a, par exemple, enregistré une croissance de seulement 0,9%, soit une baisse sensible par rapport




