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Pollution: les engrais au régime sec. Les agriculteurs français devront se plier aux normes européennes sur les nitrates.

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Publié le 06/03/1996 à 3h08

Un an de retard sur le calendrier européen pour la réduction des

pollutions d'origine agricole: la France a décidément du mal à concilier ses engagements communautaires et son souci de ménager une profession fort chatouilleuse. Mais Corinne Lepage, la ministre de l'Environnement, a enfin pris le cochon par la queue: le décret d'application de la directive européenne sur les nitrates, adoptée en décembre 1991 à Bruxelles et qui prévoit la limitation des fertilisations azotées (engrais et déjections animales), a été publié hier au Journal officiel.

En clair, les cultivateurs devront «raisonner» leur consommation d'engrais et les éleveurs se débrouiller pour ne pas épandre sur les sols plus d'azote (lisier de porc, fientes de volailles, purin de bovins) que les plantes ne sont capables d'en absorber. Car l'azote en surplus pénètre dans les profondeurs et se transforme en nitrates, rendant l'eau impropre à la consommation.

Si l'Etat a tant tardé à traduire ce texte européen dans le droit français, c'est qu'il condamne, à terme, les élevages hors sol intensifs: que faire des déjections animales quand il n'y a pas de terres autour pour les recevoir? En Bretagne, notamment, au moins 70% des exploitations seraient en situation irrégulière. Non seulement par rapport à la directive européenne, mais aussi par rapport à la loi de 1976 sur les installation classées, qui exige des unités industrielles (fussent-elles agricoles) qu'elles respectent certaines normes de protection de l'environne

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