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Le procès du tabac fait craquer un cigarettier US. Liggett accepte de verser des fonds à la lutte antitabac.

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Publié le 15/03/1996 à 2h44

Pour la première fois cette semaine, après quarante ans de procès

infructueux menés par le lobby américain antitabac, l'épaisse muraille protégeant les industriels de la cigarette, leurs 45 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et leurs armées d'avocats a commencé à trembler: pour échapper à une dure bataille judiciaire en cours, un fabricant de cigarettes, le groupe Liggett, qui commercialise les marques Chesterfield et L&M, a promis d'appliquer une série de dispositions envisagées par la Food & Drug Administration ­ mais combattues par les industriels ­ afin de limiter l'accès au tabac pour les jeunes de moins de 18 ans. Il a également accepté de verser une somme équivalent à 5% de ses profits au cours des vingt-cinq prochaines années, qui servira à financer des programmes pour aider les fumeurs à abandonner la cigarette.

En contrepartie, les avocats des accros du tabac acceptent de retirer leur plainte contre Liggett dans un procès en cours à La Nouvelle-Orléans qui les oppose à tous les grands fabricants accusés d'avoir, en connaissance de cause, exploité auprès des consommateurs l'accoutumance née de la nicotine. Ce procès, intenté par la famille de Peter Castano décédé à 47 ans d'un cancer du poumon après avoir essayé vainement d'arrêter de fumer, est la plus importante action collective (class action) de l'histoire judiciaire américaine. Son impact est donc considérable: si les industriels perdent cette bataille, les millions de fumeurs américains et leurs f

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