Après les grèves de décembre, le verdict des urnes. Jeudi, 180.000
cheminots étaient appelés à élire leurs représentants et délégués du personnel (DP) au sein des 31 comités d'établissements et des 23 régions de la SNCF. Ils s'y sont rendus en masse. Avec 84% de participation, les cheminots n'ont pas boudé leur plaisir. Résultat: la CGT, très impliquée dans le mouvement social de la fin 1995, remporte haut la main la compétition. Avec 48,9% des voix pour les DP, tous collèges confondus, l'organisation syndicale accroît son audience de 3,2%. «C'est pas rien!», s'enthousiasme Daniel Junker, secrétaire fédéral, qui souligne la progression parmi les cadres (+3,7%). Non seulement la CGT conserve sa première place à la SNCF, mais elle distance maintenant largement les autres, la CFDT n'arrivant qu'en deuxième position avec 20,8% des voix. L'écart se creuse.
Pour fêter ces résultats, la CGT appelle à une «journée revendicative» sur l'ensemble du réseau le 23 avril, veille du Conseil d'administration de la SNCF consacré au budget de l'entreprise. «Le gouvernement et la direction vont devoir tenir le plus grand compte de l'expression des cheminots», prévient la CGT. Mais au-delà des discours d'autosatisfaction, il lui faudra, aussi, encaisser deux déceptions.
La première, c'est de ne pas avoir, comme on l'espérait secrètement au siège de la fédération, franchi la barre symbolique des 50%. Après tout, en 1994, le syndicat avait déjà progressé de 2%. 1995 et un mouvement social d'une am




