Menu
Libération
Reportage

Les jeux de Pachinko décrochent le jackpot. Relooké high-tech, le «flipper» japonais affiche un résultat supérieur au marché auto.

Réservé aux abonnés

Publié le 06/04/1996 à 4h12

Tokyo, de notre correspondante

A 59 ans, Yukiko Nemoto est une droguée du jeu. Plusieurs fois par semaine, son coupé Mercedes traverse le quartier chic d'Aoyama où elle réside, direction Shibuya, un des endroits les plus branchés de Tokyo. Plus précisément à «Pachinko Tower». Le pachinko est une sorte de flipper japonais où de petites billes métalliques, projetées à jet continu par le joueur au moyen d'une poignée, évoluent sur un plan vertical. Passe-temps favori des Japonais, il procure des cadeaux pour gains, en souvenir des jeux d'enfants dont il est issu.

La santé du business du Pachinko est inversement proportionnelle à l'état de l'économie japonaise. Depuis cinq ans, alors que la croissance est au point mort, le volume d'activité du secteur a doublé. L'an dernier, l'industrie du Pachinko a réalisé un chiffre d'affaires de 30.477 milliards de yens (1.500 milliards de francs). Soit plus que le marché automobile japonais! Une santé rayonnante due en partie aux salles comme celles que fréquente Yukiko. Contrairement aux Pachinkos traditionnels généralement enfumées, «Pachinko Tower» ­un immeuble de six étages entièrement consacré au jeu­ respire le luxe et privilégie le confort. Pour attirer une nouvelle clientèle, son propriétaire, la société Maruhan (7 milliards de francs de chiffre d'affaires en 1995) a développé un nouveau «concept», qui attire une clientèle de plus en plus féminine.

Les néons agressifs ont été remplacés par un éclairage tamisé. Les salles sont spacieu

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique