Moscou, envoyée spéciale
Rue Maroseïka, au siège de la direction centrale des enquêtes fiscales russe, l'officier Oleg extirpe fièrement du placard un uniforme vert bouteille. Une panoplie toute neuve, reçue pour fêter le 4e anniversaire de l'institution créée par décret présidentiel le 18 mars 1992 et dotée, un an plus tard, d'une véritable police chargée de traquer les entreprises ripoues.
A l'autre bout du pays, l'événement n'est pas passé inaperçu. Sur les fenêtres de l'appartement de la femme du chef régional de la police de Stavropol, sauvagement torturée, les criminels ont inscrit au rouge à lèvres: «Joyeux anniversaire».
Les 43.800 superflics de Boris Eltsine (1.500 à Moscou), issus pour la plupart du ministère de la Défense ou du KGB, collectionnent les agressions comme autant de preuves de leur efficacité. Leur mission: traquer l'argent sale, lutter contre la corruption et obliger les entreprises à payer leurs impôts.
«Les inspecteurs du fisc 90% de femmes ne pouvaient plus travailler. On leur interdisait l'entrée, on les menaçait, on les faisait chanter. D'où la nécessité de créer une police», affirme le général Nicolaï Medvedev, porte-parole de cette jeune administration. «Avec l'économie de marché, nous avons été confrontés à une nouvelle forme de criminalité qui n'existait pas auparavant. Aujourd'hui, nous sommes tous des payeurs de taxes.» En théorie.
La cible: l'entreprise privée. En 1995, il «manquait» 50.000 milliards de roubles (50 milliards de francs) dans l




