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Révolte des CDD à Orly et RoissyJeunes et non syndiqués, ils font grève pour obtenir une embauche.

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Publié le 16/04/1996 à 4h06

C'est une grève des «petits», des jeunes en contrats à durée

déterminée (CDD) qui n'en peuvent plus d'espérer qu'on leur propose autre chose. Employés à Aéroports de Paris (ADP) depuis un, deux, voire trois ans, ils travaillent «à l'escale», c'est-à-dire à l'enregistrement des passagers et des bagages, surtout pour des compagnies étrangères. Alain, Sandrine et Olivia, qui tiennent à conserver l'anonymat, font partie des quelques dizaines de salariés non syndiqués, jeunes en majorité, en grève depuis jeudi. Alain, 30 ans, a cumulé une dizaine de contrats à Orly, depuis mars 1994. Sandrine, 23 ans, basée à Roissy, est entrée dans l'entreprise au même moment et a, elle aussi, empilé un millefeuille de contrats. Olivia, 26 ans, totalise trente-trois mois d'ancienneté. ADP emploie près de 300 CDD dans l'année et jusqu'à 700 en période de pointe.

Ces longs parcours devaient leur permettre, espéraient-ils, d'obtenir un jour un temps plein en contrat à durée indéterminée. La règle, chez ADP, entreprise publique, voulait en effet qu'après dix-huit mois de CDD, deux saisons et une bonne notation, on passe dans la catégorie des «titularisables». D'où l'espoir, longtemps entretenu. D'où la colère aujourd'hui. Le 1er avril, la direction a décidé de rompre cette règle tacite pour appliquer un accord d'entreprise sur le temps partiel annualisé (TPA), signé en 1994 par trois syndicats (CFTC, CGC et un autonome), mais ignoré jusqu'ici. Alain, Sandrine et Olivia devraient donc travailler doréna

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