Menu
Libération

L'industrie d'armement passe à la caisseAprès Giat Industries, la Snecma réclame 10 milliards de francs à l'Etat.

Réservé aux abonnés

Publié le 23/05/1996 à 5h11

Dix milliards pour Giat. Dix autres pour la Snecma? Les compteurs de

l'Etat ont enregistré une brusque variation, hier, après l'annonce, par son PDG, d'une prochaine recapitalisation du motoriste français. Dans un entretien au journal Le Monde, Bernard Dufour a présenté la facture de son groupe en difficulté (6 milliards, et plus sûrement 10, réclamés au gouvernement avant 1998), tout en annonçant un prochain passage dans le secteur privé. «Dans le cadre de la privatisation», ajoutait même, sûr de lui, Bernard Dufour, l'entreprise, «qui continue à jouer un rôle stratégique dans les affaires de défense (...), doit garder un actionnariat entièrement français». Pour qui déclarait encore à l'automne, «mon actionnaire préféré, c'est l'Etat», cette pirouette ne manque pas de sel...

Bercy répliquait immédiatement ne pas avoir «lancé de travaux» sur la privatisation, mais seulement un audit sur la stratégie de la Snecma, d'éventuelles alliances et cessions d'actifs. Agacé, le ministère de la Défense enfonce le clou. «La Snecma fait partie de la liste des privatisables depuis 1993 mais pour passer à l'acte, il faudrait d'abord être vendable», ironise un conseiller du ministre de la Défense, Charles Millon. Avec 1,2 milliard de pertes en 1995, le fabricant des moteurs des Rafale et des Mirage n'apparaît certes pas en très bonne position. Ce coup de force de Bernard Dufour tend au moins à signifier deux choses. Un: l'incontrôlable patron de la Snecma, fragilisé depuis l'accord entre Air

Dans la même rubrique