Tokyo,
de notre correspondante Les banques japonaises sont passées maîtres dans l'art de transformer l'or en plomb. Les profits d'exploitation records enregistrés en 1995 ont aussitôt été affectés à des provisions massives. D'où, à l'arrivée, des pertes historiques pour la majorité des banques (sept sur les onze principales). Historique est le mot: pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, les grands établissements de l'archipel, qui trustent huit des dix premières places mondiales, osent afficher des comptes négatifs.
La Fuji Bank bat tous les records, avec une perte de 20 milliards de francs. Comme ses consoeurs, elle a dégagé un résultat opérationnel (provenant uniquement des activités bancaires, en excluant les plus-values sur titres) en très forte hausse: 21 milliards de francs (+ 62%). Profits dont les actionnaires ne verront pas la couleur, puisqu'ils vont servir à compenser les pertes accumulées depuis l'euphorie spéculative des années 1988-1991.
Stratégie volontariste pour solder les erreurs du passé? En réalité, il est plus juste de dire que le ministère des Finances (MOF) les a incitées a charger la barque. Les instructions du MOF ne sont jamais vraiment des ordres: les entreprises sous tutelle doivent deviner les souhaits de l'autorité publique, les devancer en prenant les «bonnes» décisions.
Ce n'est que lorsque les choses ne sont pas suffisamment claires que le ministère fait connaître ses souhaits au moyen d'une «directive administrative». Là encor




