Raisuke Miyawaki, 63 ans, est un ancien directeur des affaires
criminelles à l'Agence nationale de police. En 1986, il a été chargé de la communication du Premier ministre (alors Yasuhiro Nakasone), puis conseiller auprès du président de Dentsu, premier groupe publicitaire japonais. Il a créé sa propre structure et conseille des grands groupes japonais. Il a été l'un des premiers, il y a quatre ans, à dénoncer l'importance du rôle de la mafia dans les difficultés actuelles des banques japonaises. Et qualifie même la crise que traverse l'économie japonaise de «récession yakusa (1)». Pensez-vous que le gouvernement soit fermement décidé à s'attaquer à la puissance des yakusas? Si le Japon veut empêcher que son économie ne soit tout entière dirigée par la mafia, il doit dénouer totalement les liens très complexes entre gangs de yakusas et institutions financières. Le gouvernement a, il est vrai, commencé à prendre en compte le rôle de la mafia dans la crise du système bancaire japonais. Hélas, dans bien des cas, il y a déjà prescription. Les auditions récentes à la Diète (ndrl: Parlement japonais) ont permis d'établir, par exemple, qu'un des gros emprunteurs des jusens était aux mains de la mafia. Mais il s'agit d'un rare exemple où ce lien n'a pas été difficile à prouver. Les yakusas sont en général bien plus habiles.
Les liens entre le milieu et les banques sont-ils réellement si profonds?
Ils remontent à l'après-guerre. Mais ils se sont intensifiés à l'époque où les banques i




