Le grave incident survenu en décembre dans le surgénérateur
expérimental japonais de Monju (une fuite de sodium, matière hautement dangereuse, dans le circuit secondaire de refroidissement) pourrait avoir des conséquences plus lourdes que prévu sur le programme nucléaire japonais. Selon le quotidien Nihon Keizai d'hier, le MITI (ministère du Commerce et de l'Industrie) aurait décidé de «geler provisoirement» le programme d'utilisation du plutonium et de remettre à l'étude l'ensemble du programme de développement de l'énergie nucléaire au Japon. L'information n'a pu être vérifiée vendredi soir, mais le ministère a annoncé que la commission gouvernementale sur l'énergie nucléaire se réunirait le vendredi 14 juin. Le Japon, comme la France, a fait le choix de retraiter son combustible nucléaire usé pour en séparer le plutonium et le réutiliser dans des centrales classiques sous forme de Mox, un combustible mixte uranium-plutonium. La France, qui retraite une grande partie des déchets nucléaires japonais à La Hague, espère bien vendre du combustible Mox au Japon. La remise en cause de cette filière, ou son report, constituerait une mauvaise nouvelle sur le plan commercial pour la Cogema. Par ailleurs, l'incertitude autour de l'avenir du surgénérateur de Monju jette des doutes sur la surgénération, jadis présentée comme une source d'énergie inépuisable. Le Japon tire un tiers de son électricité du nucléaire et souhaite porter cette part à 42% d'ici 2010 dans le cadre de son «pl




