Selon le Bureau international du travail (BIT), des centaines de
millions d'enfants travaillent dans les champs et les usines. Et des millions d'entre eux ont un statut proche de l'esclavage. A Genève, un aréopage formé par une centaine de ministres du Travail vient cette semaine discuter de l'élaboration d'un traité visant à combattre le travail des enfants dans ses formes les plus abjectes, telles que l'esclavage, l'exposition à des produits toxiques et la prostitution. Mais les solutions simples font défaut.
Neuf heures de travail par jour. Les chiffres avancés par le BIT sont impressionnants: 73 millions d'enfants de 10 à 14 ans exercent une activité économique, mais ils ne sont que la pointe visible du phénomène. Aucune statistique n'existe sur les enfants de moins de 10 ans, ni sur le nombre de filles employées à des travaux domestiques à plein temps, mais ils seraient des centaines de millions. D'après les études du BIT, neuf enfants sur dix travaillent dans les zones rurales, la grande majorité sont des aides familiaux non rémunérés. S'agissant des enfants qui exercent une activité lucrative, leurs conditions de vie sont extrêmement pénibles: ils travaillent en général neuf heures ou plus par jour, six ou sept jours par semaine, y compris les jours fériés. Deux-tiers des enfants salariés effectuent des heures supplémentaires non rétribuées.
Selon un rapport du BIT, «l'esclavage des enfants demeure un problème extrêmement grave, particulièrement dans l'agriculture, les




