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Libération

Pepsi met un syndicat en ébullitionL'UITA dénonce la création rocambolesque du comité d'entreprise européen.

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Publié le 10/06/1996 à 7h08

Genève,

de notre correspondant, Derrière les images de fraîcheur et de liberté vantées par sa publicité, Pepsi mène-t-elle une politique «d'intimidation, de manipulation et de chantage» à l'égard des représentants de son personnel? Cette grave accusation est formulée par l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA, 2,6 millions de membres).

Une rocambolesque réunion qui s'est tenue à Dublin du 5 au 8 mai est à l'origine de cette mise en cause. Conformément aux directives de l'Union européenne (UE), la direction de Pepsi Europe a décidé de créer un comité d'entreprise. Or le temps presse pour la société américaine, l'UE autorisant les multinationales à rédiger leur propre texte pour discuter des questions sociales avec leur personnel jusqu'au 22 septembre. Passée cette date butoir, elles seront soumises à un accord-cadre sur l'emploi, sur les licenciements collectifs, les projets d'investissement, les fermetures d'entreprise... A la recherche d'un document moins contraignant, Pepsi rassemble le 5 mai, vingt-et-un représentants de ses salariés d'Europe occidentale (36.000 des 480.000 employés du groupe) dans la capitale irlandaise.

Logés dans le très sélect domaine de Kildare Country Club, chacun partage un deux pièces avec un membre de la direction.

Les séances de travail se déroulent au château de Dublin, là même où se tiennent parfois les réunions ministérielles de l'UE.

Henri Chevolleau, du syndicat français CFDT, raconte: «Nous étions dans une cage aux bar

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