Le comble pour un opérateur téléphonique? Racheter des millions de
cartes de téléphone usées. C'est la mauvaise blague qui est en train d'arriver à Nippon Telegraph and Telephone (NTT). Pour le moment, le premier opérateur mondial reste très discret sur le sujet. Mais la fraude a atteint une telle dimension que cette solution, franchement humiliante, est très sérieusement envisagée. «La décision n'est pas encore prise», précise Mme Kato, porte-parole de l'opérateur semi-public japonais. «Mais il est exact que nous étudions la question.»
L'objet du délit est une carte souple, très fine, avec au verso une simple bande magnétique sur laquelle est inscrit le nombre d'unités. Lorsque la carte est finie, il suffit, pour la recharger, de la passer dans un magnétiseur. Chaque année, il s'en vend près de 400 millions (de neuves) au Japon.
Puces très discrètes. Alors qu'en Europe, les opérateurs de télécoms ont définitivement réglé le problème des publiphones à pièces dévalisés, grâce aux cartes à puces, NTT ne sait plus que faire pour stopper la prolifération de télécartes magnétiques contrefaites. Car, aussi surprenant que cela paraisse, dans ce pays où l'électronique est omniprésente, la carte à puce n'en est qu'à ses balbutiements: de 4 millions fin 1993, on est passé à 10 millions l'an dernier grâce à quelques projets d'expérimentation de grande envergure. Mais les applications sont très ciblées: contrôle d'accès sur des chantiers, carte de paiement et de fidélité pour stations-ser




