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Moulinex broie 2.600 emploisLe plan de réorganisation du groupe touche durement la Basse-Normandie.

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Publié le 19/06/1996 à 6h44

«Vous voulez que je fasse un petit commentaire?» Au terme d'une

journée marathon qui l'a conduit à Caen puis à Paris, pour expliquer devant les syndicats, puis la presse, le redressement de Moulinex, Pierre Blayau a le sentiment d'avoir tout dit. Sur le «gâchis», sur cette «situation paradoxale, mystérieuse et bizarre» qui fait que le roi du moulin à légumes archiconnu des Français va mal. Pour le président du directoire, il n'est pas normal en effet qu'à «chaque fête des mères, on se souvienne de Moulinex» sans que le groupe en retire de substantiels bénéfices. En 1995-1996, le groupe (qui possède également la marque Krups) a réalisé 7,7 milliards de francs de chiffre d'affaires pour 54 millions de résultat d'exploitation. Très insuffisant aux yeux des financiers. D'autant que les ratios de rentabilité se révèlent moins performants que ceux des concurrents, Seb ou Philips. Chez Moulinex, le chiffre d'affaires par employé atteint 670.000 francs contre 860.000 francs chez Seb. «Un gâchis insupportable, estime Pierre Blayau. Tous nos concurrents font mieux.»

Fidèle à sa réputation de patron brutal, l'ex-président du groupe Pinault-Printemps-Redoute, nommé en février, taille dans le vif: 2.600 suppressions d'emplois dont 500 à l'étranger sur un effectif global de 11.500 salariés (7.500 en France). Touchée de plein fouet, la Basse-Normandie, où sont concentrées sept des onze usines françaises, perdra à elle seule 1.800 emplois. «On pense ouest de la France et on a l'ambition d'êtr

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