Ça n'a pas traîné. Vingt-quatre heures après l'annonce brutale de
2.600 suppressions d'emplois sur trois ans chez Moulinex, dont 1.800 concentrés en Basse-Normandie, les réactions hostiles se sont multipliées. Pierre Blayau, le président du directoire du groupe électroménager, a passé une bonne partie de sa journée d'hier dans les couloirs de l'Assemblée nationale à rencontrer politique et élus de tous bords aux abois.
Convoqué dès le matin par Franck Borotra, ministre de l'Industrie, le patron de Moulinex a patiemment expliqué que l'entreprise avait «besoin d'une mise sous pression» pour la secouer, qu'un «électrochoc» serait salutaire. Il a également mis en avant les 600 millions de francs provisionnés dans l'exercice 1995-96 (sur une perte de 702 millions) destinés à aider au reclassement des salariés.
Puis l'ancien patron de Pinault-Redoute-Printemps s'est fait un malin plaisir à souligner les aides publiques dont a bénéficié l'entreprise coréenne Daewoo pour implanter une usine de micro-ondes en Lorraine... Du côté du ministère, on a répondu: négocions. «Le plan social n'existe pas, il n'a pas encore été déposé. Cela veut dire qu'il n'y aura pas forcément suppression de 2.600 emplois. Avec l'aménagement du temps de travail, on pourra certainement en économiser plusieurs centaines», confie un proche du ministre. Quelques heures plus tard, Franck Borotra pouvait bien déclarer dans l'hémicycle qu'une telle restructuration était «inacceptable» et assurer la Normandie qu'elle




