De Florence à Luxembourg, la saga «vache folle» continue. A peine
les Quinze ont-ils entériné, avec une superbe unanimité, le plan d'éradication de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) britannique que les affaires de gros sous ressurgissent. Pendant deux ou trois jours, voire un peu plus si les marchandages se révèlent trop difficiles, les ministres de l'Agriculture vont examiner une enveloppe de 850 millions d'écus (environ 5,6 milliards de francs) d'aides exceptionnelles au revenu des producteurs de viande bovine étranglés par la chute de la consommation et l'effrondrement des cours. Soumis à une forte pression interne, les gouvernements risquent de se révéler intraitables, à l'image du Français Philippe Vasseur qui ne compte pas quitter le Grand Duché sans un accord en bonne et due forme sur ce paquet financier. Difficile à résoudre, l'enjeu est pourtant simple: il s'agit à la fois de déterminer la part réservée à chaque Etat membre, et de préciser comment ces fonds seront répartis entre les deux canaux de financement: primes communautaires et aides nationales.
Dans sa proposition initiale adopté le 29 mai, la Commission suggérait ainsi d'accorder, sur un total de 650 millions d'écus, 534 millions sous forme d'aides communautaires et 116 millions sous forme d'aides nationales. Il s'agissait tout d'abord d'accroître de 21 écus par tête la prime aux bovins mâles et de 25 écus par tête, celle à la vache allaitante. En plus de ce paiement, une enveloppe financière devait




