Plus de 1.000 producteurs de viande bovine, venus de France,
d'Italie, d'Irlande et d'Allemagne, ont fait hier,à Luxembourg, le siège du Conseil des ministres aux cris de «Vasseur des sous», «Notre fierté, c'est une viande de qualité» et «British beef, pay in England». Malgré les bruits de sirènes, la fumée des pneus brûlés et les éclats de pétards, ils n'ont reçu aucune précision sur les mesures de compensation prévues pour les éleveurs. Réunis depuis lundi, les Quinze ont essentiellement parlé de la réforme de l'Organisation commune du marché des fruits et légumes. Un dossier délicat, tant restaient grandes les divergences entre les pays du Sud, grands producteurs, et ceux du Nord, désireux de procéder à des économies et de rationaliser la filière. Or, paradoxalement, c'est à ces derniers que Rome fait les yeux doux, au risque de mécontenter non seulement l'ensemble du camp adverse, mais aussi la France. Premier producteur de fruits et légumes, Paris se retrouvait dans une situation intermédiaire, en réclamant simultanément une plus grande rigueur budgétaire et un soutien réel aux revenus des agriculteurs concernés. «On ne peut pas accepter de ne pas traiter correctement la filière des fruits et légumes sous prétexte qu'il y a un problème avec la viande bovine. D'ailleurs, il y a une disponibilité budgétaire», affirmait le président de la FNSEA, Luc Guyau. Dans la soirée débutaient les négociations sur les 5,6 milliards de francs que les Etats-membres doivent se répartir po




