Le marathon que craignaient certains n'a pas eu lieu, tant était
grande la volonté des Etats membres d'aboutir. Hier, les ministres de l'Agricul-ture des Quinze ont déci-dé d'allouer cette année 5,5 milliards de francs aux producteurs de viande bovine sous forme de mesures de soutien exceptionnel, que pourront compléter des aides nationales d'un montant équivalent.
La France s'en tire bien, puisqu'elle recevra 1,4 milliard dont 1 milliard sous forme de primes communautaires diverses, et 440 millions sous forme de fonds laissés à la discrétion du gouvernement. Déjà confortable, cette enveloppe pourrait doubler avec les aides nationales déjà annoncées. «Compte tenu des engagements du Premier ministre et du président de la République, j'ai bon espoir de pouvoir faire l'effort maximum», s'est exclamé le ministre français Philippe Vasseur, en rappelant que le cheptel français comptait 20 millions de bêtes, soit le quart du cheptel communautaire.
Contrairement aux velléités initiales de la Commission, les pays seront libres de dépenser leurs sous comme ils le souhaitent à condition de ne pas donner à leurs éleveurs plus d'argent qu'ils n'en ont perdu. Plutôt qu'un saupoudrage indifférencié, la France devrait privilégier les producteurs les plus touchés par l'effondrement des prix et de la consommation. Dans un premier temps, l'objectif des Quinze est en tout cas de faire face à une situation de crise particulièrement aiguë, qui oblige notamment l'Union à procéder à des interventions




