Loïk Le Floch Prigent, PDG de la SNCF, est convoqué jeudi chez le
juge d'instruction parisien Eva Joly. Le même jour, le patron des cheminots doit présider un comité d'entreprise puis, le 10 juillet, un conseil d'administration... Pourra-t-il continuer à diriger l'entreprise ferroviaire? Pas sûr: l'issue de cette entrevue avec le juge risque de déboucher sur une mise en examen pour «recel et abus de biens sociaux», voire sur une mise en détention, comme son ami Maurice Bidermann. Dans ce cas, on voit mal comment l'Etat-actionnaire pourra se passer d'une nouvelle nomination.
Loïk Le Floch Prigent, PDG d'Elf-Aquitaine de mai 1989 à août 1993, avant de prendre les rênes de Gaz de France, puis de la SNCF, devra s'expliquer sur les montages financiers au travers desquels le groupe pétrolier a englouti près de 800 millions de francs dans le renflouement du groupe textile Bidermann, au début des années 1990. La Commission des opérations de Bourse (COB) et la Cour des comptes ont rendu deux rapports très critiques sur ces montages, initiés via Elf-Gabon, filiale d'Elf-Aquitaine. Ces rapports ont conduit le parquet de Paris à ouvrir une information judiciaire contre X... le 18 août 1994. Soit dix-huit mois avant que le poste de PDG de la SNCF ne soit proposé à Loïk Le Floch Prigent, au lendemain d'un conflit social sans précédent. A ceux qui s'étonnaient que l'on envoie au front un patron susceptible d'avoir des démêlés avec la justice, l'intéressé répondait, agacé: «Dans un Etat de dr




