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Moulinexchronique d'un plan social La nostalgie de Papy Mantelet

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Publié le 04/07/1996 à 8h41

On l'appelait «le Vieux», «le Père la pipe» ou tout simplement «Papy

Mantelet». Moulinex entretient toujours le mythe de son fondateur, modeste fabricant de pulvérisateurs agricoles promu industriel leader des Trente Glorieuses, après l'invention du presse-purée dans les années 30. Cinq ans après sa mort, les souvenirs refluent au moment où l'entreprise s'apprête à fermer deux de ses usines et à supprimer 2.600 emplois. «Il n'aurait jamais permis que des financiers nous virent comme des malpropres», s'entête André, ouvrier depuis 25 ans. 90% des salariés ont connu les années Mantelet. En 1970, le groupe embauchait encore 1.000 personnes par an; les conditions de travail et le salaire dépassaient ce que l'on pouvait offrir ailleurs, surtout en Basse-Normandie, fief de Moulinex. «Lorsque De Gaulle a inventé la participation des salariés, les ouvriers touchaient, au mieux, quelques dizaines de francs dans la région. Chez Moulinex, cela nous faisait un quatorzième mois», se souvient Christian, un retraité.

Moulinex vivait en totale autarcie. Le groupe fabrique tout, ne délègue rien. Il possède toujours sa propre flotte de camions et emploie des salariés-chauffeurs qui font la navette entre les douze usines françaises circonscrites dans un rayon de cent kilomètres. «On ne doit rien à personne», s'enorgueillissent les «Moulinex». Lorsque des ennuis de trésorerie apparaissent, au début des années 80, Mantelet renfloue, de sa poche. Mieux: après une première attaque, en 1986, qui le

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