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Libération

Juppé manque de religion pour trancher le débatPressé par sa majorité et confronté à la hausse du chômage, il tergiverse.

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Publié le 09/07/1996 à 8h30

Réduire le temps de travail des salariés ou l'aménager au service

d'une plus grande flexibilité des horaires? Laisser faire les partenaires sociaux ou imposer par la loi une disposition qui, au mieux, infléchira la crue des demandeurs d'emploi, au pire, en atténuera les sombres prévisions pour les mois à venir? Financer la mesure par l'argent public ou laisser faire la croissance et les gains de productivité? Une nouvelle fois hier, le Premier ministre a paru naviguer entre ces diverses options. Taraudé par les députés de sa majorité qui veulent du «neuf» et surtout des résultats avant d'aller à la bataille des législatives de 1998, soucieux de conserver son allié CFDT dans le camp syndical mais conscient que les perspectives économiques et les contraintes budgétaires ne lui permettent pas de se mettre à dos le patronat et Bercy, Alain Juppé a, une nouvelle fois, tenté de gagner du temps. Son coup de gueule contre les fédérations patronales et les syndicats réputés «durs» (selon les branches professionnelles, FO ou la CFDT, et, dans tous les cas, la CGT) ne trompera personne. A Orléans, fin mai, il avait déjà indiqué qu'il comprenait «l'impatience de certaines organisations syndicales qui disent: cela ne va pas assez vite, il faut être plus imaginatif». Chaque jour, depuis, a apporté son lot de plans sociaux et de grogne des députés de l'UDF et du RPR. Le temps presse. Le chômage repart de plus belle et le Premier ministre sait qu'il va devoir prendre une initiative. Mais que

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