Combien de temps peut tenir la SNCF sans patron? C'est la question
qui trotte dans tous les esprits depuis la mise en examen assortie d'une détention provisoire, jeudi soir, de Loïk Le Floch-Prigent, soupçonné de malversations financières du temps où il dirigeait le groupe pétrolier Elf-Aquitaine de 1989 à 1993. Après 72 heures d'hésitation, Bernard Pons, ministre des Transports, et Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat aux Transports, se sont hier décidés à reporter à la fin du mois le conseil d'administration initialement prévu demain et qui devait engager l'avenir de l'entreprise publique. Le gouvernement, dans un communiqué, a réitéré son soutien au patron des cheminots, du moins pour quelques jours encore: «S'agissant de la situation personnelle de monsieur Le Floch-Prigent, les ministres ont rappelé l'attachement du gouvernement à la présomption d'innocence de toute personne mise en examen.» Coïncidence heureuse: au même moment, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris annonçait qu'elle statura le 15 juillet sur la demande de remise en liberté de Loïk Le Floch-Prigent. Une semaine de sursis, c'est donc ce qu'a obtenu, hier, le président de la SNCF. S'il devait rester incarcéré à la prison de la Santé, il serait remplacé. Car, selon le même communiqué, «la continuité de gestion de l'entreprise doit prévaloir» et, en cas de maintien en détention, «le gouvernement prendra alors toutes dispositions nécessaires dans l'intérêt de l'entreprise».
C'est le message que le




