Trop fermé, trop compliqué, trop coûteux! S'il fait baver d'envie
les exportateurs étrangers, le marché japonais les décourage aussi très vite. Un système de distribution opaque préjudiciable aux produits étrangers, des producteurs locaux trop puissants, contrôlant les circuits de vente de A à Z, un nombre impressionnant d'intermédiaires qui verrouillent l'accès aux distributeurs... Ces clichés, pas forcément faux, Jean-Marc Lisner les connaît par coeur. A la tête d'une petite société spécialisée principalement dans la vente de luminaires français, Style France, il ne minimise pas la difficulté du marché nippon. Mais les cloisons étanches du marché local sont franchissables, assure-t-il.
Transibérien. Débarqué il y a dix ans, un peu par hasard, cet ancien employé du comité d'entreprise de Renault n'avait pas tous les atouts du parfait exportateur décrit dans les écoles de commerce. Il partait même avec de sérieux handicaps. Tendance gauchiste, plutôt idéaliste, il se passionnait, chez Renault, pour les lois Auroux sur les droits syndicaux dans l'entreprise: «On croyait tous que ce serait une révolution dans le monde du travail.» Vite déçu, il vend sa Renault et prend un billet pour le Transibérien.
Au bout de la route, le port d'Osaka n'est plus très loin. Le matérialisme à la japonaise, ce n'est pas vraiment sa culture. Et surtout, il ne parle pas un mot de japonais. Il décide quand même de faire la traversée et débarque, à 27 ans, sans aucune relation sur place et sans trop s




