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Les mineurs en guerre contre MoscouEn grève, ils réclament un salaire qu'ils n'ont pas touché depuis six mois.

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Publié le 03/08/1996 à 10h01

Les promesses gouvernementales ne semblent guère entamer la

détermination des «gueules noires» d'Extrême-Orient. Après deux semaines de débrayage, les mineurs et les employés du secteur de l'énergie auraient même eu tendance à étendre leur grève. Malgré le déblocage, vendredi, de fonds spéciaux pour le paiement de leurs arriérés de salaires, qui n'ont pas été versés depuis maintenant six mois, ils sont désormais plus de 10.000 à avoir arrêté le travail dans la seule région de Vladivostok. A Loutchegorsk, les ouvriers de la centrale électrique ont décidé de poursuivre leur jeûne, entamé il y a neuf jours. Et si 91 d'entre eux ont dû suspendre leur action sur avis médical, une trentaine de nouveaux grévistes ont cessé à leur tour de s'alimenter. Une forme de protestation particulièrement rare en Russie, révélatrice de la dureté de ce mouvement. Boris Eltsine ne s'y est pas trompé. Par le biais du service de presse du Kremlin, il a fait savoir qu'il «suivait attentivement la situation».

Soucieux de désamorcer un mouvement qui commence à prendre de l'ampleur dans tous les bassins houillers du pays, le premier vice-Premier ministre chargé des questions économiques, Vladimir Kandannikov, a autorisé un transfert de quelque 50 millions de francs vers la province du Primorié. Un second virement de 80 millions de francs devrait être réalisé lundi pour couvrir les retards de salaires des ouvriers du secteur de l'énergie. Mais on est encore loin du compte. De l'aveu même de Moscou, le go

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