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Libération

Les objets des vacances (1) histoire et secrets de fabricationMéduse, la sandale des familles Fabriquée en Auvergne de père en fils depuis 50 ans, la chaussure populaire en plastique continue de coller à la mode.

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Publié le 05/08/1996 à 9h59

Une décennie après les premiers congés payés, elles ont débarqué sur

les rivages français. Depuis 1946, on les voit souvent ramper sur les galets de Perros-Guirec ou s'enfoncer dans le sable blanc de Porquerolles. Les Méduses, ces sandales en plastique d'aspect gélatineux, doivent leur nom à des journalistes de mode qui en firent le chouchou des années 80. A l'origine pourtant, avec ses lanières raides, jaunes ou bleu ouvrier cloutées directement sur une grosse semelle de bois, c'était plutôt la tatane du pauvre. On l'appelait la Sarraizienne, du nom de son berceau d'origine, un village de 400 habitants niché au fin fond de l'Auvergne, Les Sarraix, dans la vallée de la Durolle. C'est là, à 800 mètres d'altitude, dans cette région de forgerons, que le coutelier Jean Dauphant eut un jour l'idée curieuse de remplacer le manche de ces couteaux par du plastique. Puis il fit un essai encore plus saugrenu avec ce même matériau nouveau sur une chaussure. «Une idée géniale», résume Marc Paslier, le petit-fils, devenu patron de l'entreprise. Au sortir de la guerre, le cuir venait encore à manquer.

Colonies. C'était de la bonne galoche tricolore, moins chic que la Tropézienne mais capable de résister aux moussons tropicales et à la moisissure. Au début, la Sarraizienne inonda en effet l'AEF et l'AOF, les territoires français d'Afrique noire. Un marché porteur mais qui s'effondra vite avec l'indépendance des colonies. La Méduse fut rapatriée en métropole.

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