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Libération

Comment la SNCF compte éliminer des milliers d'emplois

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Publié le 24/08/1996 à 9h15

De l'art de court-circuiter gentiment les syndicats... Le projet de

la SNCF de mettre en place une préretraite à 53 ans, sur la base du volontariat pour tous ses agents non roulants (Libération de vendredi), découle d'un discret sondage réalisé directement il y a quelques mois auprès des intéressés. Pour la direction, il s'agissait alors de comprendre pourquoi le système de préretraite en vigueur depuis un accord de février 1995 rencontrait si peu de succès (201 salariés sur l'année). Réponse des cheminots au sondage: parce que cela nuit à notre retraite.

La direction de la SNCF a reçu cinq sur cinq le message. Condamnée à restructurer sans faire de vagues ­ depuis les grèves de novembre et décembre 1995, le gouvernement multiplie les gestes de bonne volonté envers les bouillants cheminots ­, la SNCF a sorti de ses cartons un projet au poil: le «congé de fin de carrière» (CFC) ou la préretraite à 53 ans sans contraintes. Les deux années manquantes (les non-roulants partent en retraite à 55 ans contre 50 ans pour les conducteurs et les contrôleurs) rentreront, comme si de rien n'était, dans le calcul des points de retraite.

Les syndicats, eux, n'ont plus qu'à approuver sous la pression de leurs adhérents, trop heureux de profiter de l'aubaine. Il sera toujours temps, après, de dénoncer l'entorse à l'emploi contenue par le projet. Car celui-ci, qui devrait être débattu avec les partenaires sociaux le 20 septembre, prévoit une clause bien particulière, écrite noir sur blanc dans

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