Menu
Libération

Bally, les «sans-souliers» dans la rueSix cents salariés ont manifesté hier à Paris contre le dépôt de bilan.

Réservé aux abonnés

Publié le 27/08/1996 à 9h12

Les ouvrières n'ont d'yeux que pour les godillots des CRS. «C'est

pas des rangers, ça... C'est quoi vos bottillons? Des Eram?» Côté forces de l'ordre, rodées aux défilés en ce moment, on bat calmement de la semelle devant les caméras: «J'ai encore été filmé! Comme d'habitude...» Aux cris de «Tous ensemble, tous ensemble» (slogan du mouvement de décembre), la manifestation des salariés des chaussures Bally avait hier des allures de petite rentrée sociale. Dernières actualités en prime: «Après les sans-papiers, voilà les sans-souliers», scandent les manifestants.

600 salariés de Bally, qui en compte en France 1.400, ont défilé dans les rues de la capitale pour protester contre le dépôt de bilan de l'entreprise, annoncé le 21 août. Le rassemblement, prévu place de la Concorde à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO-autonomes, s'est finalement dérouté, à la demande de la police, sur Montparnasse. Le trajet jusqu'à Matignon, protégé par un mince cordon de CRS, s'en est trouvé quelque peu raccourci. «Tant mieux, on ira droit à l'essentiel», marmonne un salarié venu en car depuis Villeurbanne (Rhône) le matin même, l'un des trois sites menacés avec Moulins (Allier) et Vierzon (Cher). Plusieurs vendeuses et gérants de magasins (83 sur le territoire français) faisaient, eux aussi, partie du cortège.

«Myrys, Bally, c'est plus possible. Il ne restera bientôt plus une seule chaussure française», se lamente Christiane. «Nous voulons une loi antidélocalisation, il faut bien une certai

Dans la même rubrique