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Les objets des vacances (13) histoire et secrets de fabricationL'épuisette s'endort au rayon souvenir

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Publié le 27/08/1996 à 9h10

Le filet à crevettes ne fait plus recette que chez les enfants.

L'épuisette, c'est bon pour les pêcheurs du dimanche. Les touristes avertis, eux, savent faire la différence entre un havenet (ou haveneau), une bichette et un embrasseau, selon que le filet est muni ou non d'un morceau de bois plat propre à trifouiller le sable.

Havenet, bichette, des noms qui fleurent bon les congés payés, les vacances de monsieur Hulot ou les escapades ridicules des Dupont et Dupond à la plage (in Tintin au pays de l'or noir), depuis que les pêcheurs, les pros, les ont abandonnés au profit des casiers métalliques. Bref, l'épuisette en vacances c'est à elle seule un morceau de nostalgie (un peu comme son cousin éloigné, le filet à papillon).

Farniente. Car ce charmant objet un rien désuet, dont on trouve déjà la trace dans l'Encyclopédie de Diderot du XVIIIe siècle (1) en compagnie de son ancêtre la truble, doit affronter de nos jours un redoutable ennemi: la fainéantise. Un peu comme si la Méditerranée avait perverti l'Atlantique. «Avant, on allait sur les plages pour faire quelque chose. Aujourd'hui, c'est la bronzette à tout prix», râle Jean-Louis Larrieu, fabricant de filets de pêche à Bordeaux, qui se prend à espérer un retour à l'activité.

Le marché de l'épuisette s'est réduit à trois fois rien, même s'il s'en vend toujours, chaque été, grâce aux enfants, quelques centaines sur les plages d'Arcachon. Les fabricants français, eux, ne se comptent plus que sur les doigts d'une main. Il faut

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