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Libération

Quand une grève rencontre une autre grèveLes salariés de l'Epée et de BAP se sont réunis hier pour discuter occupation d'usine.

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Publié le 29/08/1996 à 9h07

Depuis quand? Le 11 avril, et vous? Le 10 juin... Hier matin, les

salariés de l'Epée (pendulettes de prestige) et de BAP (flacons de plastique, filiale de Carnaud MetalBox) ont comparé leurs faits d'armes: l'occupation, totale et d'une durée exceptionnelle, de leurs usines respectives. La rencontre a eu lieu à Chevigny-Saint-Sauveur, dans la banlieue de Dijon, sur le site de BAP, transformé en camp de vacances depuis le 10 juin, avec dortoirs et réfectoire de fortune (voir Libération du 1er août). La délégation de l'Epée, qui se targue aujourd'hui d'avoir engagé «le plus long conflit de France», est arrivée de Sainte-Suzanne, dans le Doubs, à 120 km. But de la rencontre: «lancer un cri de résistance» et se retaper le moral après des mois d'arrêt de travail. Entre les fabricants de flacons plastique et les ouvrières horlogères, il existe plus d'un point commun. La perte de leur emploi, tout d'abord. Le 10 juin, Crown Cork, maison mère de BAP, annonçait la fermeture du site et le transfert de l'activité dans le nord de la France; le 4 janvier, la manufacture de l'Epée, créée en 1839, était déclarée en cessation de paiement puis en liquidation judiciaire le 11 avril. D'un côté, 175 salariés, de l'autre, 64, en majorité des femmes. Et une même obstination à refuser de mettre la clé sous la porte. Dans les deux cas, la majorité du personnel participe activement aux mouvements. Ici, c'est un leader CFDT qui mène la grève, Jacky Piquot pour les BAP; là, c'est une déléguée CGT, No

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