Autour de l'immense gare centrale de Shinjuku à Tokyo, où pas un
mètre carré de façade n'échappe à la publicité, les noms de Promise, Takefuji ou Acom clignotent au milieu de ceux des grandes marques de matériel électronique. Des noms que tous les Japonais connaissent. Besoin urgent d'argent? Les sarakin, ou sociétés de crédit à la consommation, prêtent dans l'instant, chose impossible dans une banque.
Mais emprunter de l'argent reste une démarche honteuse au Japon. Située à deux pas de la gare, l'agence Takefuji n'est pas visible de la rue. Il faut pénétrer dans un immeuble de bureaux et monter au sixième étage pour parvenir au guichet. Les clients baissent la tête et ne regardent pas leur voisin. On emprunte et l'on s'en va le plus vite possible, comme on sort d'un sex-shop.
Il y a une dizaine d'années, ces officines ne faisaient pas de publicité. Leur nom était (et reste souvent) associé à la pègre. Des dizaines de milliers de Japonais ont connu «l'enfer des sarakin»: le harcèlement des yakusas, la mafia nippone, jusqu'à ce que l'on honore sa créance.
Aujourd'hui, les enseignes de ces sociétés on en compte 4 000 au total pullulent à travers tout le Japon. Aux abords de leurs succursales, des hommes-sandwichs baladent leurs slogans, tandis que des étudiants des étudiantes de préférence, plutôt jolies distribuent de petits paquets de Kleenex publicitaires, vantant l'argent facile.
Cette agressivité commerciale leur a permis d'étendre leur clientèle. «Dans un marché du




